De vous à moi

En route vers les Antilles …

Le jour J est arrivé. Je mets le cap vers la Martinique ! Je sais que le périple sera long mais ne dit-on pas que les bonnes choses se méritent ?

Jeudi, 13h15. Je vérifie que je n’ai rien laissé de périssable dans le réfrigérateur et que les radiateurs sont bien coupés. Je débranche ma box internet. Vieux réflexe que j’adopte quand je quitte chez moi un certain temps. A l’entrée, ma valise, prête depuis la veille, attend sagement d’être installée dans le coffre de ma voiture. Je scanne minutieusement une dernière fois les derniers recoins de mon intérieur. Tout me semble en ordre. J’abaisse mes volets roulants. Hop, direction la gare.

D’habitude, je me laisse très peu de marge quand je dois prendre le train. Je n’habite pas très loin. Décoller de chez moi trente minutes avant l’heure du départ suffit amplement. Mais, ce jour-là, je suis plus précautionneuse et pars une heure en avance. On n’est jamais trop prudent, n’est-ce pas ? Hors de question de louper mon train. Ce train qui me mènera directement à Paris. J’ai bien fait d’être prudente. Le parking où j’ai pour habitude de me garer est plein à craquer. Un tour. Deux tours. Aucune place à l’horizon. J’en tente un autre, cent mètres plus loin. Quelques options se profilent tout au fond. Sauvée. L’horloge de ma voiture affiche 13h45. Parfait. Je suis dans les temps. Je récupère ma valise à l’arrière et marche tranquillement vers la gare. La rue est déserte en ce jeudi. Malgré mon pas lent, j’arrive légèrement transpirante devant le panneau d’affichage des trains. Il fait presque chaud. Pas loin de 15 degrés. Heureusement que j’ai opté pour ma doudoune fine et non ma parka d’hiver ! Le train est annoncé à l’heure. Excellent. J’ai une demi-heure devant moi. Pas de stress. Je fais une halte au kiosque Relay pour acheter quelques magazines. Les derniers Géo Magazine et Elle Voyage me font envie. L’un met à l’honneur le Maroc. L’autre parle de destinations de rêve de Tahiti à l’Antarctique. Je craque. Je prends les deux. J’aurai de quoi rêvasser pendant les 2h30 de train qui m’attendent. D’ailleurs, ce dernier ne tardera pas à entrer en gare. Je paie et file vers le quai.

Je monte en voiture 15. Je dois rejoindre la place 83. Un charmant monsieur m’aide à ranger ma valise dans le compartiment dédié. Il voit bien que je galère ! J’étais pourtant convaincue d’avoir pris le strict minimum pour ces deux semaines de vacances au soleil. Oups ! La voix du contrôleur résonne, celui-ci signale que notre TGV 8722 en direction de Paris va bientôt partir. « Attention au départ ».

Tout au long du trajet, je note sur mon carnet les lieux que je souhaiterais (re)découvrir une fois à la Martinique. Au fil de ma veille sur les réseaux sociaux les dernières semaines, j’ai archivé ça et là des endroits qui me plairont à coup sûr : l’habitation Céron au Prêcheur, la forêt de Montravail aux Trois Ilets, le sentier de l’Alma à Fort-de-France, une adresse gourmande à Rivière Salée, etc … Je navigue, par la pensée, d’un point à l’autre et suis excitée à l’idée de tout ce qui m’attend également en marge là-bas : le dombré crevette de maman, les légumes pays, les oiseaux au réveil, le son des criquets à la tombée de la nuit, la flore exubérante, bref tout ce qui faisait mon quotidien à l’époque où j’y vivais. Je vois à peine les 2h30 de train passer.

Une fois à Paris, je saute dans un taxi qui me posera à mon hôtel non loin d’Orly. En effet, mon vol est le lendemain matin tôt. Je ne pouvais prendre aucun risque. Le chauffeur est ultra sympathique. Il m’explique qu’il revient tout juste d’un voyage d’un mois en famille en Asie et que le retour est particulièrement difficile. Je compatis. Qui aime se replonger dans le train-train quotidien après un joli break ? Si je me fie à ce qu’affiche son GPS, je suis à 200 mètres du point de destination mais je me retrouve complètement bloquée dans les embouteillages. La circulation est particulièrement dense à cette heure.

J’arrive à l’hôtel vers 18h30. Je prends rapidement possession de mes quartiers après avoir validé l’horaire de la navette qui me posera à 6h30 à l’aéroport le lendemain. Ce soir, je décide de célébrer les prochaines vacances : je me fais couler un bain chaud et me commande un dîner en room-service. Rien que ça ! J’hésite à prendre en sus un Martini mais ce ne serait pas raisonnable. Vers 22h, je m’installe confortablement sous ma couette. Je lis quelques pages puis j’éteins. Mon alarme est programmée à 5h.

C’est marrant mais cette nuit-là, je rêve que j’arrive à l’aéroport trente minutes avant le décollage. Prise de panique, je me réveille en sursaut et consulte aussitôt ma montre. Il est 4h57. Ouf, ce n’était qu’un mauvais rêve. Je prends rapidement une douche et file prendre mon petit-déjeuner. A cette heure, un mini-croissant et une tasse de thé Earl Grey suffisent largement. Je n’ai pas très faim à vrai dire. Je rends la clé de ma chambre à la réception et grimpe dans la navette qui me posera à l’aéroport à 6h30. Exactement comme demandé la veille.

L’enregistrement des bagages et le passage aux douanes sont une formalité. Il y a très peu de passagers. Je flâne dans les magasins en duty-free en attendant l’embarquement et en profite pour prendre une bouteille de vin rouge pour mon père. Je sais qu’il appréciera.

L’embarquement se fait sans encombre. Moi qui pensais que l’avion serait vide. Que nenni ! J’arrive malgré tout à avoir une rangée de trois sièges à disposition. Mes longues gambettes s’en réjouissent. J’apprécie rarement les vols long courrier en classe Eco. On ne peut pas dire que ce soit très confortable. D’ailleurs, la dernière fois que j’ai voyagé plus de sept heures en avion c’était en décembre 2018. Pour me rendre à la Martinique justement. Il y a quinze mois de cela. Ça commence à dater.

En attendant le décollage, je surfe sur l’écran et constate que la compagnie a complètement revu son design et sa charte graphique depuis. J’adore. Des couleurs tropicales, des illustrations raffinées, une vaste sélection de films, de séries et de documentaires, une majorité d’albums avec des tonalités caribéennes. Même le menu est au format numérique. Sur ce vol, j’ai le choix entre du poulet colombo et des pommes de terre rissolées ou du poisson à la sauce chien et du riz blanc. Coup de cœur pour le magazine de bord qui permet une immersion immédiate dans les destinations desservies par la compagnie. Je suis conquise. Le pilote nous souhaite la bienvenue à bord. Les conditions météo sont excellentes. Le temps de vol est de 8h55.

Entre mes allers-retours dans les allées pour me dégourdir les jambes et quelques somnolences, je décide de regarder le film « Bohemian Rhaspody ». Malgré l’énorme succès dont il a été victime à sa sortie, je n’ai pas eu l’occasion d’aller le voir en salle. Je me rappelle qu’un de mes anciens collègues m’en avait parlé comme étant le meilleur film qu’il ait pu voir jusqu’alors. Rien que ça. J’avoue que ce film m’a émue. J’ai eu des frissons lors du concert final. Le groupe Queen s’est produit dans le cadre du Live Aid en soutien de la lutte contre la faim en Afrique. Leur prestation a été magistrale. Une énergie hors du commun. Je veux tellement faire perdurer le plaisir que j’entreprends d’écouter quelques tubes-phares de leur discographie : « I want to break free », « We are the champions », We will rock you », et j’en passe.

Quand je consulte ma montre, je réalise qu’il ne reste plus que deux heures de vol. J’écoute le dernier album de Krys, un artiste reggae-dancehall guadeloupéen. Cela fait des années que je ne l’ai pas entendu. 10 ans ? 15 ans ? Je ne saurai dire. Dans mes années lycée, c’était l’une des références de la scène musicale antillaise. Je ne compte plus le nombre de fois où je me suis déhanchée sur certains de ses tubes comme « Hey Selecta » ou « En vlé en gyal ». Que de souvenirs. Néanmoins, les années passent et nos goûts évoluent. Seuls deux titres de son dernier album me séduisent.

Pour l’heure de vol restante, je me plais à admirer les nuages et le ciel bleu à travers le hublot. Les paysages qui font la beauté de la Martinique inondent mon esprit : les couchers de soleil en bord de plage, les bateaux au mouillage dans de petites criques reculées, les cascades nichées au cœur d’une végétation luxuriante, … C’est la voix du pilote qui me sort de mes pensées. Nous amorçons notre descente pour la Martinique. L’air de la cabine semble tout à coup plus chaud. Les contours de l’île se dessinent nettement. J’aperçois des bancs de sable blanc. Je suis émerveillée devant le relief montagneux. Me voici, chère île natale.

En route vers les Antilles Martinique

 


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Caraïbes | Randonnée du Cap Salomon en Martinique, quelle ascension !

Caraïbes | La Cascade Dany, une randonnée à ne pas manquer en Martinique

#1 | Vivre à la Martinique sous l’œil de CocoZabrico


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